La cigarette, cette drogue !

Publié le par CocoNut's

La cigarette fait tellement  bien son travail : il faut une sacré volonté pour commencer à fumer - parce que honnêtement, c'est plus que dégueu, ça a un goût infect, ça tourne la tête, ça fait tousser, on a l'impression (pas que à vrai dire) d'être un cendrier humain et j'en passe ! - et il faut apparemment une volonté démesurée (c'est ce qu'on dit) pour arrêter. Et après on vient nous dire que les fumeurs n'ont pas de volonté !

Passons. Je vous l'ai déjà expliqué dans mes articles précédents mais je vais le répéter ici : lors du conseil d'octobre, le chirurgien m'avait expressément demander d'arrêter de fumer et d'être complètement à jeun de nicotine 1 mois avant l'opération... Et j'étais préparée à tout sauf à ça... Une bonne petite claque ! Il avait décidé de ne pas me donner de date d'opération tant que je n'aurais pas arrêté.

J'en avais parlé avec ma psychologue lors de la consultation qui suivait ce fameux rendez-vous et, après qu'elle en ait parlé avec mon endocrinologue, j'avais reçu un courrier de la part du chirurgien me mentionnant la date d'opération, j'étais folle de joie.

Folle de joie oui, sauf que je ne me rendais pas compte de ce qui m'attendait ni d'à quel point la cigarette était une drogue sournoise et minable.

J'avais prévu d'arrêter de fumer le 1er janvier 2017 parce que c'est cliché mais aussi parce que je savais qu'à cette date je serai entourée de mes meilleurs amis qui me soutiennent et je pensais qu'il me serait plus facile d'y arriver avec eux. Je m'étais donc fixé un objectif et je m'y préparais mentalement. J'avais même acheté un livre sur vos conseils ainsi que sur ceux de ma psychologue : "En finir avec la cigarette" d'Allen Carr.

La cigarette, cette drogue !

J'ai mis du temps à le lire, je ne sais pas pourquoi. Enfin si, je crois qu'inconsciemment je sais pourquoi. Monsieur Carr mentionne dans ce livre et je cite : "N'essayez donc pas d'arrêter de fumer avant d'avoir complètement terminé ce livre". Je ne pense pas qu'il y ait besoin de vous faire un dessin sur le pourquoi du comment je prenais touuuut mon temps pour le lire...

Mais l'échéance du 31 décembre approchait et je me rendais compte que je ne serai pas à même de terminer le livre dans les temps. Et ça n'a pas loupé, mais j'ai quand même fait l'effort d'essayer d'arrêter. J'ai acheté fin décembre une cigarette électronique sans nicotine - sur les conseils de ma Ginie - qui m'a tout de même été d'une aide précieuse (la cigarette électronique, pas 'Ginie hein... Je sais que tu lis cet article, moi aussi je t'aime !).

Le premier jour, j'ai tenu jusqu'à 17h30 - non sans mal - avant de fumer ma première cigarette. Dans notre groupe d'amis, je me rapprochais de ceux qui ne fumaient pas pour ne pas être tentée et j'avais deux exemples d'anciens fumeurs qui me motivaient (merci ma jojo !).  La veille, j'avais donné mon paquet de cigarettes au mari de ma meilleure amie et, voyant le coup venir et sachant que nous n'allions pas rentrer de la journée, ils avaient (avec raison) jugé bon de le prendre avec eux sans me le dire au cas où le monstre qui sommeille en moi se réveillait et voulait tout casser sur son passage jusqu'à ce qu'on lui donne - appelons un chat un chat - sa dose de drogue. Alors non, le monstre n'a pas fait autant de ravages mais à la fin du repas, cela devenait vraiment dur.

J'ai donc eu droit à une cigarette puis une fois à la maison, j'en ai réclamé une autre. Puis une autre. A un moment donné, le mari de ma meilleure amie - qui cachait mes cigarettes pour mon bien et pour je ne sois pas tentée de fumer - n'a pas voulu me dire où elles se trouvaient. Et là j'ai vu rouge, j'avoue lui en avoir voulu parce que dans ces cas-là, on est tout sauf lucide et on le prend très mal. Pour éviter la dispute (je crois), il me l'a redonné. (Je m'en excuse toujours autant et je t'aime !).

Le paquet à ma disposition sans personne qui ne me retienne, je me suis donc "remise" à fumer, mais en beaucoup moins grande quantité. Moi qui fumait 20 cigarettes par jour, j'étais descendue à 10 en compensant avec la cigarette électronique.

Tout ce temps, j'ai continué à lire ce fantastique livre. Oui, je dis bien fantastique car même si au début je l'ai trouvé très répétitif, j'ai vite compris pourquoi. C'est pour que tout cela s'imprime dans notre cerveau ! Hé oui ! Et comme je le lisais avant de m'endormir, il m'est arrivé d'en rêver : la preuve que ça commençait à faire son chemin dans ma tête.

Puis, vint le jour fatidique du ... vous allez rire mais je ne me souviens plus de la date ... où j'ai terminé la dernière page de mon bouquin en éteignant ma dernière cigarette, sûre de moi et déterminée. Je devenais alors une non-fumeuse.

Enfin... une non-fumeuse qui a, sans vouloir jeter la pierre à personne, quelque peu un entourage fumeur. Et je crois que c'est là que je me suis rendue compte d'à quel point la cigarette pouvait être tordue et malsaine.  Je venais de passer tout un week-end sans fumer et sans ressentir un grand manque de nicotine, je me sentais bien. Alors j'ai voulu jouer. Je me suis dit qu'une cigarette - que j'appelais sociale - ne me ferait rien puisque ce n'était visiblement pas la nicotine qui me manquait mais ce côté festif et social. Oui, j'étais assez bête pour penser cela. J'ai tenu 3 ou 4 jours avec une cigarette. Puis j'ai augmenté à deux. Puis, sans que je ne m'en rende compte, je fumais lamentablement plus d'un paquet ! Et nous étions à un mois de l'opération, c'était la cata ! Je me sentais honteuse, prise au piège, sans volonté.

J'ai revu le chirurgien le 24 février et, comme vous avez pu le lire dans un précédent article qui lui était dédié, je lui ai avoué que je re-fumais. Nous étions un mois avant l'opération, c'était encore jouable selon lui si j'arrêtais sans délai. La première chose que j'ai faite en sortant de chez lui ? Non, je ne vous le dirai pas, vous aurez deviné tout seul.

J'avais, dans la semaine qui suivait, rendez-vous avec ma psychologue. Je me suis alors confiée, je lui ai dit que je pensais ne jamais être opérée, que je n'avais aucune volonté, que je ne m'estimais pas assez, et j'en passe. Elle m'a ensuite expliqué que suivant le chirurgien, on ne demandait même pas à ce que les patients arrêtent de fumer ou que bien souvent pour la plupart, le réveil de l'opération était une révélation, un électrochoc suite à quoi ils s'arrêtaient de fumer quasiment naturellement . Elle disait donc qu'il était plus sain pour moi de fixer une date et de m'y tenir plutôt que l'on me force à arrêter, ce qui me ferait reprendre de plus belle par la suite. Elle n'avait pas tort oui, c'était bien sympa mais bon, de l'autre côté j'avais un chirurgien qui refusait de m'opérer si je n'arrêtais pas de suite mais, selon elle, il n'y avait pas de risques qu'il refuse. Je dois avouer que lorsque je suis sortie de l'entretien, je me sentais plus légère. Toutes ces angoisses, ces appréhensions, ces sentiments dévalorisants avaient quelques peu disparus.

Et c'était reparti, je fumais de plus belle mais cette fois avec l'excuse du stress de l'opération et de la date qui approchait. Je ne touchais plus au livre mais y pensais tout de même sans cesse.

La suite vous la connaissez, je me suis fait opérer le 20 mars 2017 et depuis :

Il faut croire qu'elle avait raison ;-)

Il faut croire qu'elle avait raison ;-)

Ce n'est de loin pas tous les jours facile mais je tiens à vous rassurer sur le fait que je n'ai JAMAIS ressenti de douleur physique due au manque de nicotine !  J'ai eu plusieurs fois envie de re craquer, oui, mais au fond de moi je savais que j'avais fait le plus dur et j'avais mon petit Jiminy Cricket avec moi qui me le rappelait sans cesse. Qui me rappelait que finalement, j'avais eu cette volonté. Que finalement, j'y étais arrivée. Que finalement, je valais mieux que ce que je pensais. Que finalement, j'avais pris la bonne décision. Que finalement, je m'ouvrais à une vie plus saine. Que finalement, j'étais plus forte que je ne le pensais et que je pouvais en être fière.

A l'heure où je vous écris, je ne suis plus en manque de nicotine depuis plusieurs semaines. La seule chose qui me manque est le geste et, de nouveau, ce côté social où j'ai l'impression de perdre une partie de mon identité. Mais à côté de ça, j'ai récupéré mon souffle, mon odorat, mes papilles gustatives, je commence à être dérangée par la fumée et l'odeur d'un fumeur et je ne suis pas (et à vrai dire il ne me semble pas avoir été depuis que j'ai arrêté) dans un état de nerfs.

Et surtout et pour finir, j'ai compris quelque chose d'extrêmement important depuis que j'ai arrêté de fumer : je m'aime et je m'estime enfin suffisamment pour en finir avec quelque chose qui me détruit. Alors pourquoi m'infliger tout ça à nouveau ? C'est bien pour cela que je n'y ai pas retouché !

{Moment de pub} : Si vous souhaitez également arrêter de fumer, je vous recommande chaleureusement le livre d'Allen Carr qui m'a très honnêtement été d'une grande aide et qui est criant de vérité !

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Nana 01/05/2017 15:14

C'est top que tu aies réussi à arrêter... en voyant les bienfaits pour ta santé et ton porte-monnaie c'était vraiment un excellent choix à faire !
Bravo également d'avoir réussi à tenir après l'opération !
Plein de courage dans ta nouvelle vie !
Nana

CocoNut's 01/05/2017 15:16

Merci ma belle ! Et plein de courage à toi aussi !
Bisous bisous