Le retour à la maison + rendez-vous post'op

Publié le par CocoNut's

Le retour à la maison + rendez-vous post'op

Le moment du retour à la maison ! Comment appréhender cette nouvelle vie ? Ces nouvelles habitudes ? Cette nouvelle alimentation ?

Retour à la maison le vendredi 24 mars 2017. Je suis H-E-U-R-E-U-S-E ! Enfin loin cette clinique ! Le personnel était génial, le cadre magnifique mais il faut avouer qu'après 5 jours, on en a marre et cette odeur d'hôpital commençait sérieusement à me filer la nausée !

Premier repas, celui du soir. Je vous rappelle que durant les premiers temps, il faut que je privilégie les protéines et féculents. Pas évident, je n'ai envie de rien, les petits pots préparés à l'avance me dégoûtent, on prépare quelque chose d'autre, on essaie de mixer, ça n'a pas de goût, alors on rajoute ci et ça, c'est tout sauf appétissant mais bon, on met en marche le chronomètre et hop, on commence à manger. Ça passe, c'est top. 

Puis première matinée. Le réveil est dur, je dois trouver des moyens de me rappeler de prendre mes médicaments. Puis de manger. Puis de boire. Enfin bref, la première journée est un peu la cata. Pour vous donner un exemple de mes journées tout en prenant en compte le fait que je ne peux pas boire 30 mn avant et 30 mn après les repas et collations :

07h30 : Prise des médicaments
Comme je bois pour les prendre, je dois attendre minimum 10mn avant de passer au petit déj'
08h00 : Petit déjeuner (pour être honnête, à l'heure actuelle j'inverse la collation et le petit déj, je n'arrive pas à manger de si bonne heure)
10h00 : Collation
12h00 : Dîner
15h00 : Collation
19h00 : Souper
22h00 : Collation si besoin (souvent un café au lait. Oui, très intelligent avant de dormir je vous le concède !)
23h00 : Prise des médicaments

En somme, toute une organisation à mettre en place en prenant en compte le fait que je sois pas mal fatiguée à ma sortie de clinique et que j'ai l'impression de passer ma vie à manger.

J'ai été honnête avec mon chirurgien et ma diététicienne : Au bout de 2 jours à la maison, je suis passée au solide. Pourquoi ? Parce que le mixé me dégoûtait et que, suivant les protocoles, les chirurgiens et les hôpitaux, ils ne préconisent même pas de phase mixée/hachée. Prenons par exemple ma "voisine" de by-pass (qui l'a fait 1 ou 2 heures après moi dans le même hôpital mais par un autre chirurgien). Alors qu'on me servait des aliments mixés, elle ne pouvait que boire du liquide. 

Je teste donc en toute connaissance de cause le solide. Je suis évidemment prudente, je mâche à outrance et miracle, ça passe ! Aucune douleur, aucun désagrément, c'est parfait.

J'ai un rendez-vous avec mon chirurgien deux semaines suivant l'opération pour enlever les fils (le 3 avril 2017). Nous parlons de la douleur post'op, je lui explique que c'est difficile au quotidien, que la nuit lorsque je me tourne, j'ai l'impression d'être une femme enceinte de huit mois à tenir mon ventre comme je le fais pour basculer. Tout est normal, la douleur disparaîtra bientôt. Il m'avait préconisé au mois de février d'ingérer 80 à 100 grammes de protéines par jour pour ne pas perdre de masse musculaire. Ça doit vous sembler peu, mais pour un estomac comme le mien, ça paraît impossible. Soit. Comme dit plus haut, lors du rendez-vous je suis honnête avec lui et lui dit que je mange solide. Et il me remet à l'ordre... Enfin... les 15 premières minutes... Puis par la suite il accepte. Oui. Parce que mon chirurgien n'a pas un discours cohérent sur la durée ! Maintenant, il veux (exige) que je mange 6 à 7 fois par jour ! Parce que ce n'est plus 80 à 100 grammes de protéines mais 120 à 140 grammes !!! Oui, visiblement il change d'avis d'une visite à une autre. 

Il m'a redemandé si je comptais les protéines ; non. "Comment ça ??, Comment ça on ne vous a pas dit de le faire ? Vous ne pouvez pas rester comme ça, vous devez les compter. Votre diététicienne doit faire son travail". Ah, pourtant quand j'ai demandé à ma diététicienne, elle m'a dit que je n'avais pas besoin de refaire  "Comment ??? Mais comment est-ce qu'elle peut vous dire ça ???"... Je dois continuer ou est-ce que vous avez compris la tournure que le rdv prenait ? Oui, il la prend pour une imbécile et vous verrez plus bas qu'elle aussi le prend pour un imbécile. Et moi, je patauge. Pour l'instant, je dois marcher 30 minutes par jour sans effort, que je ne dois pas aller plus loin pour ne pas perdre de masse musculaire (un effort sans un apport suffisant en protéines en fait perdre) et ne pas reprendre le sport pour l'instant (c'est évident).

Bref, il m'enlève les fils, les cicatrices sont belles et il me dit que j'ai bien perdu, l'opération est un succès. Oui, sauf que tu me gueules dessus parce que je ne mange pas assez de protéines par jour et que je suis passée au solide... Mais merci quand même.

Le lendemain, j'ai rendez-vous chez la psychologue. Je lui parle de la reprise du solide, elle me répond que les 3/4 de ses patients le font et que ça se passe très bien pour eux. Je lui raconte le rendez-vous d'avec le chirurgien, elle se met à rire (oui, oui ! Pour de vrai !) parce que selon elle en théorie il a raison, mais en pratique c'est un tout autre problème qu'il ne connaît visiblement pas. Je devrais donc plus me fier à ma diététicienne qu'à lui selon ses dires. Puis vient la nourriture : elle me dit de ne pas me frustrer. Si j'ai envie d'un bout de pizza, je mange un bout de pizza. Si j'ai envie d'un bout de chocolat, je mange un bout de chocolat. Heu... Mais ? Hé bien oui, car privation est égal à régime qui est égal à frustration et ce n'est absolument pas ce qu'on recherche ici. Si je supporte, alors je peux en manger. Et le meilleur moyen de savoir si je supporte, c'est de manger. Voilà qui est dit. Après, restons cohérent, il s'agit d'une opération lourde avec un bébé estomac fragilisé. Le but ici n'est pas de s'enfiler une pizza (ai-je dit une pizza ? Que je suis drôle, je voulais plutôt dire un tiers du quart de la moitié d'une pizza...)  mais plutôt de faire de petits tests ici et là sans pour autant traumatiser mon estomac. Nous parlons de la cigarette, elle est très contente que j'ai arrêté mais m'avoue à demi-mot que certains patients continuent à fumer sans le moindre problème... Heu... Comment vous dire Madame la psychologue... C'est psychologiquement pas très très bon ce que vous me dites là, et je vais me dépêcher de l'oublier...

Deux jours après : rendez-vous avec la diététicienne. Et là, c'est elle qui prend le chirurgien pour un margoulin ! Elle a reçu un mail de ma psychologue pour l'avertir de notre entretien de la veille et de mon niveau d'incompréhension face à ce réseau de médecins/diététicienne/chirurgien qui ne s'entendent même pas entre eux et qui ont un discours différent au sein du même cercle. "Il n'a pas à vous parler comme ça, il remet en question mon travail, il est excellent dans ce qu'il fait mais qu'il ne vienne pas me dire comment faire de la diététique, je ne lui dis pas comment opérer, vous perdrez de toute façon de la masse musculaire comme tout le monde, c'est quasiment obligé, ça ne va pas vous tuer, si vous voulez passer au solide allez-y : il faut vous écouter..., etc.". Ok. Bon, elle est cohérente et suit les propos de la psychologue. On revient sur quelques points de l'alimentation, elle est pour l'instant contre les shakes que le chirurgien m'avait proposé de prendre (environ 20 gr de protéines par portion). Je lui donne des exemples de repas, elle me donne des conseils pour les optimiser mais en soit, ça va très bien comme ça. Elle me demande combien j'ai perdu : depuis l'opération j'en suis à -7 kg. "C'est très bien". Bon, merci Madame, à la prochaine.

Tout cela pour vous dire que c'est un peu un combat de coqs et que j'ai finalement appris à m'écouter un peu mieux, à savoir à peu près de quoi mon corps avait besoin et surtout de prendre un peu de chaque discours pour avancer.

Bisous bisous !

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